Comment gagner Incroyable Talent m’a aidé à progresser avec mon chien ?

En décembre 2015 (le mardi 8, très exactement) Charlie, Epagneul Breton de 5 ans à l’époque, et moi-même, devenions les grands gagnants de la 10ème édition de La France a un Incroyable Talent. Un moment extrêmement fort dans ma vie (plus que dans celle de Charlie, qui n’a pas tout bien compris), magique, merveilleux, inattendu, et tout un tas d’adjectifs positifs. Je vous propose mon retour d’expérience.

Notre préparation :

À l’époque, j’avais 19 ans, et étais étudiante dans une faculté qui proposait une licence axée sur l’audiovisuel (le cinéma, en gros). Je vivais dans un appartement à Montpellier, en colocation avec une amie, et m’entrainais dans mon tout petit salon, puis dans une petite salle au rez-de-chaussée de chez ma voisine. Pas de public, pas de musique forte pour ne pas déranger les voisins (je m’entrainais avec des écouteurs dans les oreilles), pas de lumière qui s’agite, pas de caméra, rien de tout ça. Voilà comment nous nous étions préparés pour l’émission. Après chacun de nos passages, on m’a souvent dit que j’avais de la chance d’avoir un chien de « si bonne composition ». 

En réalité, si Charlie était de « si bonne composition », cela n’avait rien à voir avec de la chance, mais plutôt un travail de base intensif qu’il avait eu pendant les 2 années qui ont précédées Incroyable Talent. Il était habitué à travailler en extérieur, nous travaillions souvent en balade (j’adorais filmer et faire des vidéos, et les décors étaient bien plus jolis dehors que dans ma maison !), il avait déjà fait quelques démonstrations dans des événements (durant lesquelles il descendait systématiquement de la scène avant la fin, un peu son style de « mic drop, stage exit »), et avait participé à une première émission télé, sur un plateau, avec lumières, caméras, public, jury, la totale. À côté de ça, je l’entrainais régulièrement en diffusant dans le salon de mes parents, sur le 5.1, des enregistrements de tous les sons possibles (aboiements de chiens, miaulements de chats, bruits de chantiers, sorties d’écoles, applaudissements…). Voilà donc la base qu’il avait eu pendant 2 ans, avant de se présenter à l’émission. 

Mais tout de même, Charlie est un chien qui s’adapte assez rapidement aux nouvelles conditions dans lesquelles il évolue. Difficilement impressionnable (sauf la fois où l’on m’a demandé de le faire travailler avec un lion, sur scène), son plus gros défaut, que je connaissais avant de venir, était sa sale manie de vouloir descendre de scène quand il en avait envie. 

 

Incroyable Talent, nos 3 passages :

À ma première prestation donc, en plus du stress (le mien) des jury, des caméras, des quelques 1.000 personnes présentes dans le public, s’ajoutait la peur de me retrouver très rapidement seule sur scène. A découlé de cette peur des mouvements pas très gracieux, un dos un peu vouté, de la nourriture dans mes mains, du leurre sur certains mouvements (qu’il connaissait bien sûr sans, mais je voulais assurer le tout). Mon message était passé, mais en revoyant les vidéos (déjà à l’époque, mais encore plus aujourd’hui), je ne peux m’empêcher de sourire. J’étais tellement focalisée sur ma peur de sa fuite, que je me suis éteinte aux yeux du public, ne pensant qu’à Charlie. Pour sûr, je débutais dans ce milieu, et ne savais pas trop comment m’y prendre. Pour vous aider à mieux gérer les possibles imprévus, nous vous avons écrit un (super) article : Gérer l’imprévu avec mon chien, ou l’art de bien s’en sortir ! 

Sur les deux autres prestations, en demi et en finale, j’avais un peu moins de crainte par rapport à tout ça, parce qu’il me prouvait chaque fois qu’il n’avait aucune intention de partir. Par contre, s’était rajouté le stress du direct : ce n’était plus 1.000, mais 2 millions de personnes qui me voyaient en temps réel. Là encore, j’ai parfois voulu trop assurer la technique  de Charlie (déjà un peu bancale par moments), mettant en péril une quelconque performance artistique de ma part. 

La victoire en opposition de mon autocritique :

J’ai toujours su que je n’avais rien présenté de parfait, et n’ai jamais pensé que je méritais de gagner cette compétition, pas à côté de tous ces artistes présents cette année là (les jurés avaient l’air tout aussi surpris, d’ailleurs). Par contre, je me satisfaisais du travail que nous avions accompli en amont avec Charlie, qui lui avait permis de réaliser ses 3 numéros sans aucune crainte de son environnement, et surtout, sans recevoir de friandise pendant les prestations (chose que je n’avais jamais trop fait avant). Pour ces raisons, je lui en serais éternellement reconnaissante, d’avoir aussi bien donné, malgré qu’il ait été accompagné d’un vrai boulet ! 😉 

 

Ce que ça m’a apporté :

Cette victoire m’a vraiment touchée au plus haut point. J’ai eu l’impression d’être entendue, pour les valeurs et les idées que je défendais, l’impression d’avoir mis en lumière le plus beau porte parole des chiens de refuges, et j’étais incroyablement fière d’avoir été à ses côtés. Pour la première fois, j’ai eu le sentiment d’être prise au sérieux par mes proches, qui se rendaient compte que toutes ces heures passées avec lui avaient abouti à quelque chose. Peut-être même qu’ils ont réalisé à ce moment là que ma motivation et ma passion étaient vraies. 

Nous avons voyagé en France et en Europe, pour rencontrer, performer, aider, sourire et jouer. Nous avons vécu des moments incroyables, sur notre petit nuage qui n’appartenait qu’à nous. 

La consécration de tout ça, était de rencontrer et rejoindre une compagnie de spectacle animalier : la Cie Dog Trainer (vous savez, cette même compagnie qui a créé ce blog!). J’allais enfin pouvoir vivre de cette passion qui m’habitait. J’ai pu apprendre, avec eux, beaucoup sur moi-même, avant même de considérer apprendre à Charlie. Finalement, comme souvent, c’était l’humain (moi, dans ce cas précis) qui avait plus besoin d’aide que le chien.

J’ai appris qu’il fallait être aussi présente que lui sur scène. Malgré ce que je pensais, le public ne regarde pas uniquement le chien. Plus que du « Dog Dance », j’ai du apprendre à danser avec lui. 

Ce que je dirais à la juliette de l’époque et qui peut vous aider :

Alors bien sûr, tout ceci peut sembler inaccessible et abstrait, et si toutes ces (incroyables) expériences m’ont permis de progresser, elles ne sont bien sûr pas indispensables. Vous n’avez pas besoin de passer à la télé pour en apprendre plus sur votre façon de travailler, mais c’est par contre ce pour quoi nous sommes là ! Nous voulons nous servir de toutes nos expériences, pour les mettre à votre disposition, parce qu’elles nous ont permis de tirer un certain nombre de conclusions. Mais si vous le souhaitez, pourquoi ne pas tenter votre chance sur les planches de La France a un Incroyable Talent ? 😉  

Dans mon cas, je ne peux que vous conseiller de travailler seuls vos enchainements, sans votre chien, pour que votre corps enregistre les mouvements et qu’il ait moins tendance à s’effacer.  N’hésitez pas à demander de l’aide, à une connaissance, un ami. Avoir un regard extérieur sera vraiment bénéfique dans votre progression. Si ça n’est pas possible, vous pouvez toujours vous filmer et analyser vos vidéos ! Gardez en tête que vous aurez un public devant vous : regardez-le, invitez-le à vivre ce que vous vivez, à ressentir ce que vous ressentez, ouvrez-lui la porte de votre si joli monde ! 

Travaillez votre technique « chien » à la perfection ! Cela libérera en partie votre esprit, et vous éviterez de vous poser la question « est ce qu’il va y arriver ? ». Vous saurez que votre chien en est capable, et même si les imprévus arrivent toujours, plus votre chien sera préparé à des situations différentes, plus il s’adaptera facilement aux nouveaux environnements, et moins vous aurez de risques d’erreurs ! 

Enfin, le plus gros travail sera votre gestion du stress. Et même si je ne suis pas (encore) une experte dans  ce domaine, je ne peux que vous citer cette si belle idée de John Lyons (dont nous pouvons remplacer « cheval » par « chien », et « manège » par « scène ») 

“ Ce n’est pas un cheval et vous n’êtes pas dans un manège, c’est votre partenaire de danse “

John Lyons

6 réponses
  1. Sépia d'Adp
    Sépia d'Adp dit :

    Ce n’est sans doute pas la technique qui vous a fait gagner mais votre complicité et votre fraîcheur!

    Répondre
  2. The Flash Dogs
    The Flash Dogs dit :

    Un magnifique souvenir et quelles progrès depuis ! Je suis un peu trop dans ma bulle avec mon chien sur scène, au point qu’il m’arrive de tourner le dos au public (je ne sais même plus ou je suis mdr) une vraie cata, c’est un de nos objectifs, améliorer le contact avec le public et ne pas m’effacer, même si je suis timide. Merci Juliette!

    Répondre

Laisser un commentaire

Rejoindre la discussion ?
N'hésitez pas à contribuer !

Laisser un commentaire